Les dessous chics

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Non, non, non et non! Souvenez-vous, petites ce n’est pas celui que nous voulions! Mais pourtant bien l’un des premiers à nous être proposé. Un triangle, le plus souvent en coton (en dentelle pour les plus chanceuses), blanc ou rosé, petit nœud au milieu et bordé de liserés unis ou vichy (il ne vous rappelle rien celui-là?!). Mais non. Nous, à cet instant précis de notre vie, au sortir de la brassière c’est-à-dire (dans notre esprit) au sortir de l’enfance, ce n’est pas du tout à celui-ci que l’on pensait quand on s’imaginait un jour en porter un! Non. Nous, on s’imaginait plutôt avec le même que maman; avec des baleines, des armatures… mais aussi de la soie, de la dentelle… quelque chose de moins… enfantin. On imaginait forcément l’un de ceux vus à la maison ou sur une très jolie dame dans une jolie publicité, ou un mixe des deux! Mais non. Nous, nous ne voulions plus être considérées, encore, comme une « petite fille ». Effectivement, voyant l’attribut féminin par excellence se développer sous nos yeux, espérant même depuis un certain temps l’apparition du phénomène, il était impensable qu’au final on se pare d’un ersatz de féminité. Non, nous, on voulait être traitées autrement!… Et enfin, après un peu de patience ou quelques négociations, le triangle en coton était assez vite oublié ou légué à la cadette parce que c’est bien connu : « Ça grandit vite à c’t’âge là! ».

L’intemporel triangle a pendant longtemps, et auprès de nombreuses générations, constitué une sorte d’opprobre dans la catégorie des soutiens-gorges. Mais pour quelles raisons?

Peut-être que les femmes en ont eu assez de toutes porter, à peu de choses près, ce sempiternel triangle mou, n’affichant ni féminité, ni sensualité, ni personnalité. Peut-être parce que la mode faisant désormais rage sur les podiums, les femmes ont souhaité mettre sur un pied d’égalité chaque bout de tissu confectionné, et que, la fonction de chacun d’eux serait alors de les valoriser, de les sublimer. Peut-être, tout simplement, parce qu’elles avaient envie de changer, de se renouveler, et que cette espèce de genèse du genre commençait à les débecter. Peut-être parce les mœurs sont cycliques et qu’après la libération sexuelle, les années 80/90 ont décidé que « pulpeux » serait l’adjectif qualificatif de la femme moderne (comme les 50’s…). Ainsi aux petits seins de Twiggy, Jane et les autres ont succédé des objets de fantasmes, produits de la toute nouvelle et en voie de démocratisation, chirurgie esthétique. Qui ne souvient pas de Pamela Anderson courant en maillot hyper échancré sur le sable fin de Malibu, plus qu’engoncée au niveau du haut? Et des exemples, il y en a des milliers! Peut-être qu’à cause de ce battage médiatique, la gente féminine a privilégié la féminité sophistiquée au confort démodé.

Les grands noms de la lingerie ne sont pas non plus étrangers à ce changement de mentalités. Surfant sur l’ère des poitrines généreuses, ces derniers ont croisé le fer pour nous satisfaire. Les grandes enseignes ont alors rivalisé concernant les formes, les tailles, les matières, les couleurs; mais aussi et surtout sur les techniques permettant d’augmenter le volume mammaire : push up, rembourrages, coques en silicone… Le soutien-gorge est devenu un attribut mode à part entière. On préférera donc généralement un truc joli qui fait un poil mal plutôt qu’un truc moche dans lequel on se sent bien; lui, à la rigueur, on le garde pour faire du sport!…bref, on en n’a pas quinze mille non plus!

Mais, tout comme le système de valeurs d’une société, la mode est en perpétuel recommencement; elle est un éternel retour aux fondamentaux. L’année 2015 ne déroge pas à cette règle en remettant les petites poitrines et l’ensemble de leurs corollaires sur le devant de la scène. Les petits seins sont de nouveau « bankable », tout particulièrement lorsqu’ils sont cachés par une fine dentelle parsemées de plumetis, de roses, d’arabesques…

Dorénavant, le triangle est un « must have » en terme de sous-vêtements, son allure romantique chic n’est passée à côté d’aucune fashionista et la pièce hautement instagramable de cet hiver ne fut autre, que lui!

Alors vous opteriez pour la version « rose babydoll » ou « noir sensuel »? Perso, la femme/enfant que je suis n’a pas pu se résigner à trancher! Alors je vous suggère les deux!

-Le modèle « babydoll »-

C’est le choix des romantiques, des jeunes filles en fleurs, des girly à souhait. Il est parfait sous un chemisier léger et même s’il dépasse on ne risque pas la vulgarité. Oui, la dentelle est une matière noble et la couleur n’est pas criarde donc le regard ne focalise pas dessus. Enfin, comme il n’y a aucun effet rembourré, vous apparaissez au yeux de monde naturelle et chic. Le petit + des deux modèles = la bande de dentelle sous la poitrine pour une finition rétro et raffiné.

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-Le modèle « sensuel »-

C’est le choix parfait de la femme fatale. Lorsque l’on parle de sous-vêtements, le noir connote particulièrement la sensualité. Les masques du carnaval de Venise en sont un parfait reflet. Les vénitiens cherchaient à susciter attrait et attirance, et pour cela, il fallait aussi être énigmatique. Ainsi le jeu de transparence de cette matière ainsi que son extrême finesse ne dévoilaient qu’un peu de peau et l’imagination faisait le reste. Les sens étaient en émoi et le fantasme pouvait aller bon train. Aujourd’hui nombre de grosses productions américaines n’hésitent pas à affubler les actrices de jolis dessous en dentelle noire, que ce soit pour une scène de passion voire même d’action. Cette récurrence des images formate forcément notre imagination et la femme fatale est souvent vêtue de noir, de rouge et la dentelle fait partie intégrante de l’équipement. Pour preuve, certaines stars l’ont bien compris. Olivia Ruiz, par exemple, voulant modifier son image lors de la sortie de l’album Le calme et la Tempête cacha le bas de son visage avec de la dentelle noire. Subitement, elle semblait déjà plus mystérieuse et l’album plus intimiste. Plus récemment, Lady Gaga a développé son image sulfureuse à grands coups de dentelles que ce soit sur ses tenues ou sur son corps dénudé. CQFD!

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Dernière chose… quels combos tenter?

Hé bien n’importe quel haut, il s’agit avant tout d’un soutien-gorge! Mais, comme je l’ai déjà mentionné, il est l’un des meilleurs alliés des blouses, des chemisiers… légers et quelque peu transparents. Vous pouvez également choisir un pull V sous lequel il viendra se glisser et déborder. Un gros pull doudou, sous lequel on est presque nue; une chemise en jean, une robe ou un Marcel très échancré au niveau des emmanchures, une robe porte-feuilles, une robe trench décolletée… On peut aussi jouer sur les contrastes de matières et de couleurs. Par exemple on pourrait venir mettre sous une chemise blanche le triangle noir et surplomber le tout d’un perfecto; ou, pourquoi pas mettre le rosé sous une robe en mousseline, décolletée et poudrée, le tout enveloppé dans une veste en jean? Bref… il y a moult manières de les arborer alors pourquoi s’en priver?!

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